Pont de Gênes – Récupération politique ?

Entre récupération politique et amateurisme gouvernemental

Le 14 août 2018, à Gênes en Italie, un pont s’écroule en pleine journée, causant 43 morts. Aussitôt, les politiques du monde entier envoient des messages de soutient au gouvernement Italien. La France ne déroge pas à la règle et les messages de nos acteurs politiques abondent sur les réseaux sociaux.

Réaction en chaine

Sitôt la catastrophe annoncée, effervescence dans les couloirs des ministères. Hâtons-nous de décrocher une interview sur BFMTV. Les ponts en France sont dangereux, il faut le dire au peuple pour leur montrer que l’on est là. Que l’on veille sur eux. Mais attention, n’omettons pas de préciser que ce n’est pas notre faute, que ce sont les gouvernements précédents, enfin surtout la gauche. Car quoi ne pas oublier que HOLLANDE semble vouloir revenir au-devant de la scène.

Et les médias dans tout çà

Batterie d’expert en tout genre. Chaque média y va de sa « sauce », on sait, on explique, on vulgarise, on sort Michel Chevalet : « un pont qui s’écroule, comment ça marche… ». Nous pouvons même lire l’argument que certains illuminés, amateurs de complotisme, expliquer avec une certaine ignominie, que ce serait la faute des migrants qui accostent en Italie. Les débats vont bon train. Chaque chaîne y va de son symposium grouillant d’expert en tout genre. Du psychologue à l’architecte en passant par le témoin de la chose vue mais non vécue. Il convient d’être présent sur le plateau. Je n’ai rien vu, je n’ai rien entendu, mais j’habite dans la ville, dans la région, dans le pays, donc mon témoignage est primordial.

Aspect politique

Le couperet tombe, « nous savions ».

–          Quoi, vous saviez que le pont allait s’écrouler et n’avez rien fait ?

–          Non, nous savons que les ponts en France sont dangereux.  

–          Ah, vous m’avez fait peur. Donc, ce type de catastrophe peut survenir chez nous ?

–          Oui, enfin non, mais oui.

Bon, soyons précis.

Donc on apprend qu’un audit a été remis au gouvernement, il y a peu. Dans cet audit (vous pouvez le télécharger en cliquant sur ce lien : Audit) l’on apprend la décevante action de l’Etat français face à l’état de ses routes. Ainsi, et parce que cela « colle » à l’actualité, on apprend que sur les 12000 ponts que comprend le réseau routier, 7% d’entre eux présente un risque d’effondrement à terme. Ce qui représente tout de même 840 ponts, alors qui sera le grand gagnant pour faire la une des journaux, celui qui se trouve à côté de chez vous ?

Dans cet audit, nous apprenons que lorsque l’Angleterre consacre 80000€ par kilomètres et par an à son réseau routier, la France peine à y consacrer 50000€. On se contente de « pansements ».

Mais alors, que faire ?

Investir dans des solutions radicales. Ne pas se contenter de réparation succincte. Prendre le problème à bras le corps. Investir à grande échelle. Quand ton toit fuit, tu ne te contente pas d’une simple bâche, tu fais venir un couvreur pour réparer le toit. Il en va de même pour les routes, reboucher un « nid de poule » ne fait qu’aggraver la situation, refaire le tronçon de route est plus adapté. Ok, cela a un coût, mais regardons les choses autrement. Devons-nous continuer à dépenser à peine 50000€ par kilomètre et par an sur un réseau routier déjà bien malade. Ce qui engendrera des condamnations de ponts et de routes. Où augmenter drastiquement les frais en rénovant totalement le réseau routier.

Oh là là, il est fou celui-là…

Oui, LeJC il sait ce que certain vont dire : « ah, oui, d’accord, mais alors bonjour l’augmentation des impôts ». Peut-être pas.  Si un gouvernement s’engage à rénover son réseau routier, il va de soi que cela coutera relativement cher. Mais cela permettra aussi de créer des emplois, donc des nouveaux acteurs dans la « collectes » fiscales. Et puis quoi, voulez-vous continuer sur cette ligne de 666 millions par an pour aboutir à une facture de 1.3 milliards d’euros par an de 2022 à 2037, pour qu’au final on en revienne au même état qu’actuellement ?

Raisonnons de la façon suivante, que vaut-il mieux acheter : un article à 2 € que l’on change tous les mois ou le même type d’article, mais de meilleure qualité qui vous coûterait 9 € mais que vous changeriez que tous les 12 mois ?

Eh bien, il en va de même pour les dépenses lier au réseau routier, il vaut mieux investir plus et ne pas être contraint de recommencer tout le temps. N’avez-vous pas de nombreuses fois remarquer les agents de votre commune réparer le même trou sur la route qui passe devant chez vous ?